Profession de Foi

4 avril 2017

Du latin professio « action de déclarer ouvertement et publiquement ». Vers 12 ans, au cours d’une messe, les enfants baptisés et ayant fait leur première communion confessent leur foi en présence de leurs familles. La profession de foi n’est pas un sacrement, mais une étape vers une foi plus personnelle. C’est aussi une fête familiale.

Histoire de la Profession de foi

Dans les années cinquante, on vise à situer la Profession de foi dans son rapport au sacrement du baptême et à celui de la communion et dans son rite liturgique et communautaire.

C’est à partir des années 50 que l’on commence à situer la profession de foi dans son rapport au baptême et à la communauté. En Occident, jusqu’au XIIe siècle, baptême et première communion étaient reçus simultanément. À la suite du 4e concile du Latran (1215), qui reporte la première communion à « l’âge de discrétion », la première communion se voit retardée à l’âge de 7 ou 12 ans, voire plus tard encore.

« Alors qu’avant, les sacrements de l’initiation chrétienne faisaient la maturité spirituelle, désormais c’est la capacité de discernement qui donne accès à la communion », explique le P. Jean-Paul Russeil, professeur de théologie à Poitiers et collaborateur d’un excellent dossier (1) sur le sujet.

Première communion

Avec le concile de Trente (1545-1563), la première communion est solennisée, sous l’influence notamment de saint Vincent de Paul. Les enfants y sont préparés, ce qui permet d’édifier aussi les parents. À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle et jusqu’en 1910, la première communion devient ainsi une véritable tradition culturelle.

Une profession de foi au cours de la messe

Tout change quand Pie X promulgue son décret Quam singulari (1910), qui autorise les enfants à communier dès 6-7 ans. On en vient alors, afin de maintenir un certain nombre d’années de catéchisme, à distinguer la première « communion privée » se faisant en famille, de la « communion solennelle, vers 10-11 ans, se faisant devant tout le monde et ne relevant plus d’une initiation sacramentelle ».

Dès 1936, l’assemblée des cardinaux et archevêques de France, sensible à l’ambiguïté de cette célébration, suggère que « l’on donne à la communion solennelle, comme caractère essentiel, celui d’une profession de foi faite au cours de la messe ».

Du coup, dans les années 50, on commence à lier la profession de foi de la communion solennelle au renouvellement annuel par tous les chrétiens de la profession de foi baptismale, au cours de la vigile pascale, comme l’avait remis en valeur Pie XII.

« On vise ainsi à situer cette profession de foi dans son rapport au baptême et à la communion et dans son rite liturgique et communautaire, poursuit le P. Russeil. D’où l’apparition de l’aube, vêtement blanc qui, avec la croix et le cierge, rappelle cette dimension baptismale. » Ceci n’empêche pourtant pas l’appellation de « communion solennelle » de se perpétuer dans les mentalités.

(1) « La Profession de foi, chances et évolution », Fêtes et Saisons, n° 544, avril 2000.